La Prise éclectique

Cloverfield

Dans New York, personne ne vous entendra filmer

dimanche 29 novembre 2009, par darthbob

Encore un film de monstre détruisant une ville ? Certes, mais vu sous un angle original, si on peut dire. Puisque « Cloverfield » est monté comme une bande vidéo amateur, retrouvée dans les décombres de New York, après le passage d’un monstre gigantesque.

Souriez, vous êtes filmés

Installez vous confortablement dans votre fauteuil, mettez le DVD ou le Blu-Ray dans la platine, éteignez les lumières et plongez vous dans l’ambiance concoctée par le réalisateur. La bande vidéo confidentielle que vous allez visionner commence par des scènes banales de la vie amoureuse d’un couple de trentenaires new yorkais.

Puis, on assiste à une soirée organisée dans un appartement d’un grand immeuble. Parmi les invités, un ami prend la caméra et présente les protagonistes de l’histoire. Chacun y va de son anecdote, ses vœux à l’homme qui fête son départ vers le Japon. C’est banal, presque pénible tant il n’y a rien à dire sur ce passage introductif…

C'est la fête, à New York !

L’objectif est bien sûr de nous plonger dans l’ambiance et de nous faire accepter le principe du film : les images sont tournées par les personnages eux-mêmes, dans les conditions réelles de l’action (éclairage, bruitage, mouvements, chocs et autres événements indésirables).

Il s’agit d’une reprise de la technique qui a fait le succès de « Blair Witch » avec beaucoup plus de moyens ! Le nombre de personnages qui vont passer devant la caméra et les effets spéciaux sont sans comparaison avec Blair Witch ! Le budget de « Cloverfield » est conséquent, et ça se voit.

Soudain, la lumière s’éteint

En plein milieu de la fête, un grand bruit se fait entendre dans la ville. Les lumières s’éteignent brièvement. L’inquiétude se lit sur les visages des fêtards. Que se passe-t-il ? Quelqu’un a-t-il une explication ? Par la fenêtre, des lumières se distinguent au loin, tout le monde monte sur le toit pour mieux voir.

L’action démarre à ce moment-là. Lorsque les personnages décident de monter les escaliers vers le toit, à toute vitesse, sans trop réfléchir. On est pris dans la foule en même temps qu’eux et on parvient à oublier la caméra.

Car il n’est plus question de réfléchir. Tout le monde comprend que quelque chose d’incroyable se produit. Des explosions sur les immeubles, de plus en plus proches, créent la panique. Tout le monde se précipite dans la rue, pour fuir et chercher des informations.

Mais que se passe-t-il ?

Cette première partie du film est réussie. L’effet de surprise crée un suspense grandissant. Les effets spéciaux sont bien menés. Lorsque le morceau de la statue de la Liberté vient atterrir en pleine rue, cela donne une grande claque aux spectateurs !

On comprend vite que la suite des événements ne sera qu’une longue fuite pour échapper au danger mortel qui assaille la ville. Si on évite de se dire que le personnage qui filme ferait bien de laisser tomber sa caméra pour courir plus vite, on est totalement pris par « Cloverfield »

Des monstres partout

Après moult rebondissements, interventions de l’armée, les héros se retrouvent bloqués dans le métro newyorkais. On assiste alors à la seconde partie du film qui consiste à un environnement hostile et sombre rappelant les jeux vidéos à la troisième personne.

Le monstre qui attaque la ville laisse en effet tomber à terre des créatures de la taille d’un gros chien qui attaquent les humains. L’objectif pour les personnages est de sortir rapidement du traquenard en restant vivant !

Le suspense est bien mené même si il est desservi par la caméra subjective. Car c’est à double tranchant : on perd en réalisme ce qu’on gagne en surprise. L’objectif de la caméra ne parvient pas à capter toutes les images des créatures, du fait des mouvements désordonnés du type qui filme alors on aperçoit plus qu’on voit l’action.

Mais, en contrepartie, il est tout de même difficile de croire qu’en cas d’attaque, celui qui filme a suffisamment de sang froid pour conserver la caméra en main, coûte que coûte ! Il y a longtemps que j’aurais arrêter de filmer, tant pis pour le « témoignage » que représente le film !

Un final en forme de feu d’artifice

La dernière partie du film est introduite par l’irruption des héros dans un hôpital de campagne de l’armée américaine, établi dans le sous-sol du métro. La caméra nous montre des soldats désemparés, désorganisés, hurlant des ordres contradictoires. Les blessés sont innombrables et entassés dans l’espace confiné du métro.

Cette scène est une des meilleures scènes du film car elle fait glisser l’action vers le sommet du film : la fuite à découvert. Alors que tout semble se dérouler positivement et que les héros s’échappent de la zone en hélicoptère, l’inimaginable se produit : le monstre les attaque.

Les effets spéciaux sont étonnants et réellement efficaces, même si on a vraiment l’impression d’être dans un jeu vidéo et moins dans un film. Et, alors qu’on croit que tout se termine pour les quelques survivants de la soirée, le clap de fin est instantané.

Dis adieu à la caméra...

Puis, comme pour une bande vidéo familiale où ce qu’on filme écrase une précédente vidéo, lorsque l’action s’arrête elle laisse la place à quelques scènes non effacées en fin de bande où l’on revoie le couple amoureux flânant dans New York, par une journée ensoleillée, calme et idyllique.

« Cloverfield » m’a fait passer une bonne soirée malgré un scénario minimaliste et un look de jeu vidéo à la troisième personne. Il s’agit d’un bon film d’action, honnête et bien interprété, même s’il ne me laissera pas forcément beaucoup de souvenirs.

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