Des prouesses visuelles
Lorsqu’on assiste au spectacle d’Avatar en salle, en 3D éventuellement, on en prend plein les yeux, les oreilles et le cerveau. James Cameron a mis le paquet pour que le spectateur bénéficie d’effets spéciaux hallucinants : décors de jungle somptueux, animations d’animaux et de personnages sans défaut, trouvailles féeriques en tout genre…
La planète Pandora est une merveille, une explosion de couleurs, de myriades de couleurs qui scintillent, illuminent, clignotent, irradient à travers la jungle. On ne peut qu’être admiratif devant tant de beauté. Est-ce là le paradis ?
Le réalisateur répond Non ! Ce paradis peut être l’enfer car il recèle de milliers de pièges : prédateurs, animaux furieux, chausse-trappes… Le danger peut venir de partout : du ciel, des arbres, de la terre.. et même des humanoïdes (les Na’vi) qui peuplent la planète, prompts à vous empoisonner de leurs belles flèches impitoyables.
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Face à cette beauté naturelle, se dressent les hommes, venus de la Terre pour s’empiffrer du trésor enfouie dans les entrailles de Pandora : un obscur minerai (l’Unobtainium) qui rend les hommes littéralement fous, assoiffés de pouvoir et d’argent.
L’environnement des hommes est métallique, automatisé, gris. On voit les véhicules, les robots, les hélicoptères avec moult détails impressionnants. On s’y croirait ! Lorsqu’il faut partir en mission de reconnaissance ou combattre, impossible de voir le moindre défaut dans les effets spéciaux numériques !
Un scénario ? où ça ?
Bref, James Cameron a réussi son premier pari : rendre crédible une planète et tout un univers grâce aux images de synthèses, aux animations numériques et autres calculs par ordinateur.
Mais cela suffit-il ? Non ! Il aurait fallu aussi prévoir un scénario.
Car Avatar pêche par son histoire classique des méchants envahisseurs contre les gentils indigènes ! Le scénario est linéaire, sans aucune surprise. On devine tout de suite le rôle exact de chaque personnage : le gentil, la gentille, les amis, les ennemis.
James Cameron nous refait même le coup des cow-boys et des indiens. Les Na’vi sont l’exacte réplique new age des indiens d’Amérique. Les Terriens jouent le rôle des cow-boys assoiffés de pépites d’or.
En fait, en y réfléchissant bien, c’est un remake du magnifique « Danse avec les loups » de Kevin Costner ! L’histoire d’un cow-boy qui s’immerge dans le monde des indiens, qu’il est sensé combattre. Puis il se lie avec une indienne et combat contre les envahisseurs…
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Cette photocopie de récits déjà vus empêche le spectateur (moi en l’occurrence) de réellement s’attacher aux personnages et au propos. Lorsqu’on connaît la suite, à quoi bon ! Certes, dans Titanic, Cameron avait réussi son pari en intéressant les spectateurs alors que la conclusion du film était inéluctable, mais il avait travaillé le scénario pour en faire un Roméo et Juliette à suspense !
Ici, en fait de Roméo et Juliette, cela sonne un peu creux. Peut être la faute aux personnages de synthèse ? Bien que tout soit nickel et sans défaut, cela manque de piment, d’émotion, ce je-ne-sais-quoi que l’on retrouvait dans l’œil de Kate Winslett ou le sourire de Di Caprio… Dommage !
Des fioritures écologistes new age
Pour être dans l’air du temps, le réalisateur a cru bon de distiller quelques arguments écologistes de bon ton. La mode étant au « sauvons la planète », il assène des messages politiquement corrects du type « Vous les terriens vous avez tué votre Mère ! ». Non seulement on le voit arriver avec ses gros sabots, mais cela sonne creux !
Quelques scènes sont réussies, car elles rappellent les coutumes de certains indiens (rendre hommage à la proie que l’on a tué par exemple) mais d’autres semblent sorties de délires new age comme la cérémonie de résurrection où les Na’vi entament une espèce de mélopée sur fond de lumières stroboscopiques.
J’aurais aimé plus de retenue, plus d’émotion et moins de tape à l’œil. Certes les créatures de Pandora sont sensées vivre en symbiose, faire un tout, mais du coup ils ressemblent plus à des adorateurs fanatiques ou à des membres d’une sorte de secte du Temple Solaire.
Quelques scènes magnifiques
Après ces déceptions, il reste quand même quelques scènes magnifiques. Celle qui m’a le plus touché étant la scène du choix de l’animal qui vole par le héros (le banshee) , suivi du voyage dans les airs.
Là, James Cameron a réussi à allier suspense, émotion et spectacle. Je me suis réellement retrouvé à califourchon sur l’animal à voler en compagnie des héros. Lorsqu’on a toujours rêvé de voler comme un oiseau, cette scène ne peut que faire mouche !
Les scènes de découverte de la faune et de la flore de Pandora sont également excellentes. Le personnage principal laisse libre cours à ses pulsions : chatouiller les plantes qui réagissent, s’illuminent… On est immergé dans Pandora, comme on aurait l’avoir été pendant toute la durée du film.
Pour finir, dans un tout autre registre, j’ai été bluffé par les scènes mettant en avant la technique des Hommes : ordinateurs, écrans, appareils en tout genre ! Quelle inventivité et quelle crédibilité ! J’en bavais d’envie !
Un mot sur la 3D
Avatar est diffusé en salle en 2D (classique) et en 3D pour les cinémas qui en sont équipés. C’était donc l’occasion de se frotter avec ce système de vision 3D avec lunettes spéciales.
Quelle déception ! J’ai été obligé de porter des lunettes lourdes et encombrantes par-dessus mes lunettes de vue pendant 2h30 ! C’est une calamité. Elles glissaient et finissaient par me faire mal au nez…
De plus, l’angle correct de vision était faible. Il suffisait de bouger la tête de quelques degrés à gauche ou à droite et même en haut ou en bas pour perdre la 3D ! Je me suis donc astreint à ne pas trop bouger pendant le film, ce qui s’est révélé trop difficile pendant les passages les plus longs.
En plus, cela n’apporte pas grand-chose à Avatar. La 3D n’a pas été utile à mon sens car il y a peu de choses surprenantes. Quelques effets de profondeur c’est tout.
Je regrette donc amèrement cette expérience 3D. Elle m’a gâché le film en me sortant de l’histoire à plusieurs reprises. J’ai même fini par avoir mal aux yeux à force de les écarquiller. La 3D est à réserver aux films plus courts et réellement faits pour surprendre le spectateur…
Conclusion
Avatar est un film moyen qui fera date pour l’animation et les effets spéciaux mais sûrement pas pour les qualités qu’on attend d’un film : scénario, suspense, émotion. Il est à voir au cinéma (en 3D si vous aimez) car il exploite le potentiel des salles modernes mais ne laisse finalement pas un souvenir impérissable. Dommage !
La Prise éclectique